LE QUEBEC, L’ACADIE, LA DANSE ET LA MUSIQUE TRADITIONNELLE 

( photo prise lors s'un stage de danse québécoise avec Luc Laroche à Saint Herblain à la fin du siècle dernier- site internet de Luc Laroche : http://www.luclaroche.net )

Un peu d’histoire

1535 : Jacques Cartier, navigateur et marchand de Saint Malo, débarque en Gaspésie puis remonte le fleuve Saint Laurent jusqu’à un village indien qui deviendra la ville de Montréal.
1604-1608 : les français fondent la ville de Québec et l’Acadie (aujourd’hui incluse dans les provinces canadiennes de la Nouvelle Ecosse, du Nouveau Brunswik, de l’Ile du prince Edouard et de l’île de la Madeleine).
1628 : les anglais fondent la Nouvelle Ecosse.
Immigrations successives de français (avec une majorité de poitevins) et d’anglais (beaucoup d’écossais) qui vont devenir majoritaires et aussi amener leurs cultures.
1702-1763 : guerres entre anglais et français autour des rivalités territoriales et commerciales en Amérique du nord.
1755-1762 : déportations de 10.000 acadiens français (« grand dérangement ») qui continuaient à vivre dans leurs paroisses (communautés villageoises catholiques) selon leurs propres lois et avec leur propre mode de vie. Après moultes péripéties (retour en France, prison en Angleterre, installations à Saint Malo, Belle-Ile, en Poitou puis départs dans l’autre sens notamment de Nantes), beaucoup se retrouveront en Louisiane par la suite (vendue aux anglais par Napoléon en 1803).
1763 : capitulation française, cession aux anglais des territoires nord-américains.
1774 : les canadiens français fondent l’état de Québec.
1881-1884 : regroupement des acadiens francophones (convention de Memramcook, choix d’un drapeau et d’un hymne).
1946 : indépendance du Canada.
1977 : le français devient la langue officielle du Québec.

La danse traditionnelle

La contredanse
Au Québec (comme aux Etats-Unis) c'est la contredanse, appellation francophone de la country dance d’origine anglaise, qui domine jusqu'au début du 19° siècle.
Le cotillon
Son origine remonte à 1706 où un « branle à quatre » intitulé « Le cotillon » remporte en France un tel succès que le mot cotillon désigne bientôt un genre de danse. Au Québec, cette danse se retrouve surtout dans l'Est de la province.
Le quadrille
Le quadrille fait son apparition au Québec vers 1815.
Le reel
Le reel en tant que danse provenant des îles britaniques arrive au Québec au début du 19° siècle. Le reel en tant que musique est à la base de presque toutes les danses de la belle province. Les gigues (à ne pas confondre avec les jigs irlandaises) en sont une variante assez répandue dans laquelle on peut utiliser une marionnette qui danse en donnant le rythme (bonhomme gigueur).
Le set carré
Le square dance apparaît vers 1850 aux Etats Unis. Une forme voisine naît un peu plus tard au Québec sous le nom de set carré, aussi appelé "set callé" (prononcé à l’anglaise : « caulé ») ou "danse callée" (menée à la voix). Avant le renouveau traditionnel et francophone des années 70, les calleurs québécois le faisaient surtout en anglais.
Les autres airs et danses traditionnels
Valses, mazurkas, polkas, chansons et des airs en 6/8 (amenés par des irlandais dans la 2° partie du 19° siècle).
Le rigodon : attention, piège ! Les québécois appellent familièrement rigodon toute danse traditionnelle pratiquée sur des airs rapides. A ne pas confondre avec le rigodon qui est une musique à danser originaire des Alpes.
Le swing est non seulement très présent dans le rythme donné à la musique, mais il désigne un pas de danse et une façon de jouer : « Et swingue la baquaisse dans l’fond d’la boîte à bois » (baquaisse = grosse dame).

La musique traditionnelle

Les instruments
Le violon longtemps considéré par l’église comme l’instrument du diable sans doute parce que les violoneux québécois et acadiens jouaient des danses rapides, donc endiablées, le chant avec la pratique des chants à répondre, de la complainte et du turlutage (un exemple :  « tam-ti-ti-ti-tidom »), l’ accordéon et le mélodéon, l’harmonica, le piano rythmique, la contrebasse, la mandoline, la guitare, la guimbarde, les cuillères et leurs dérivés, les pieds qui tapent, sans oublier la marionnette appelée bonhomme gigueur.
A écouter
La bottine souriante, les chansons de La Bolduc, Les charbonniers de l’enfer,… le violoneux Jos Bouchard et l'accordéoniste Philippe Bruneau. Et puis les groupes français : Mes souliers sont rouge, La tuque bleue, Le diable dans la fourche,…ainsi qu’Alain Chatry au mélodéon et à l’harmonica. Ne pas oublier non plus les reels turlutés de Gilles Vigneault. Et pour l’Acadie, le groupe Barachois (famille Arsenault) et la chanteuse Edith Butler.

Sur internet

« 30 sous zéro », nom qui évoque le grand froid de l’hiver canadien, est un excellent site internet (en français et en anglais) sur la musique et la danse traditionnelle québécoise, http://www.trentesouszero.com avec des liens très intéressant.
Pour la danse québécoise : http://danse.qc.ca/articles.html